Camargue et Luberon 2013

Séjour rando 2013 Camargue et Luberon

9 jours ! 9 jours attendus, espérés pendant un an avant de partir pour la sortie annuelle de Tonneins-Rando ; mais on comprend pourquoi tant d'impatience : ce sont des jours de 25 heures !... remplis de rires, d'anecdotes, d'amitié, d'histoire et de culture !... qui dit mieux ?

L'organisation, disons-le tout net, soutenue par notre présidente avec une force et une constance étonnantes est quotidienne, documentée, bienveillante, attentionnée et pourtant discrète. Cette organisation est à ce point parfaite qu'elle est même prédictive ! voyez plutôt : elle nous a emmenés vers le sud-est, zone réputée pour son soleil, en ce printemps démentiellement pluvieux et pendant que chez nous il tombait plus de 150 mm de pluie, nous avons "essuyé" une seule averse (longue certes) pendant tout le séjour !

Que dire de plus sinon un grand bravo et surtout un grand merci.

Mais pour en profiter, à l'instar de notre figure de proue, il ne fallait pas être fainéant ! Partis de Tonneins ce samedi 25 mai à 6 heures du matin (environ), nous avons chaque jour crapahuté, gravi, déboulé, visité, écouté, appris. Tout était minuté, prévu... sauf l'imprévisible qui nous priva des dernières visites de Saint-Rémy et des Baux de Provence et... la panne du car qui, si elle nous parut un brin inquiètante et un peu longue, fut résolue de main de maître par l'ami Paco notre chauffeur préféré, même si celui-ci nous a parfois un peu "baladés".

Dès le premier jour, une petite balade sur les sentiers au bord du Lac de Salagou (Hérault) nous plongeait dans l'ambiance du sud avec sa végétation méditerranéenne et odorante et... du vent omniprésent.

La panne citée plus haut nous fit arriver un peu plus tard que prévu à notre hébergement de Sommières (Gard) où, malgré les coups de téléphone de Maryse pour prévenir de notre retard, la réception brilla par son absence !

Si le site se nommait "Ethic Etapes", l'accueil fut en effet particulièrement ETIQUE ! et ne parlons pas des petits déj. qui, eux, étaient carrément cachectiques... heureusement les repas du soir étaient mitonnés à l'ancienne façon cuisine familiale.

Nous avons pu, de là, profiter de Sommières et son riche passé commercial, commémoré précisément ce jour-là par de grandes fêtes médièvales : nous y avons découvert entre autres son magnifique pont roman sur le Vidourle, rivière apparemment paisible mais parfois déchaînée et envahissante.

Le lendemain, nous voilà partis entre Petit Rhône et Vaccarès pour une rando linéaire, dépaysante et facile au milieu des rizières, des roseaux et autres champs d'iris d'eau jaunes ponctués de rose par des flamants équilibristes juchés sur une seule patte gracile. Nous avons ainsi rejoint Les Saintes Maries de la Mer dont nous avons appris l'histoire et les noms : Marie Jacobé, Marie Salomé et leur servante noire Sara sur le tombeau de qui se rendent chaque année les Gitans au cours d'un pélerinage aussi célèbre que "coloré". Nous en avons vu les "vestiges" dans les rues où jouaient des groupes tziganes à la musique entrainante ou romantique ou des familles de Roms dans lesquelles les enfants grattent la guitare alors même qu'ils boivent encore leur biberon.

L'église forteresse médiévale et sa crypte surchauffée par les centaines de cierges nous accueillit ensuite.

Le lendemain, nous avons été reçus par une "forte" femme, sympathique, volubile et passionnée dans sa "manade Lafisca" et nous avons assisté au triage des bestiaux et participé pour certains d'entre nous, au marquage de l'un d'entre eux, un veau d'un an particulièrement indocile (la ferrade). Heureusement un énorme repas camarguais nous a ensuite permis de reprendre des forces et de nous régaler de ses moules locales et de ses côtes de taureau aussi tendres que "goûtues"!!! superbe et insolite !

La journée se finit à Aigues-Mortes, magnifique cité médiévale d'où partit la VIIème croisade sous la conduite éclairée de Saint-Louis en 1248.

Ceci sans doute nous donna la bougeotte et nous voilà partis vers le Luberon. Nous y avons été accueillis au pied des Gorges du Régalon par 4 membres du club de randonnée de l'ASPTT de Cavaillon : qu'ils en soient remerciés.

Les gorges étaient malheureusement impraticables, transformées en torrent par les fortes pluies des jours précédents ; nos amis nous ont guidés dans la "Crau des Mayorques" et sa ferme abandonnée, abri improvisé pour prendre "au sec" notre pique-nique. Redescendus par le Vallon de Roque Rousse, nous avons retrouvé le soleil en même temps que le car qui nous conduisit à L'Isle sur la Sorgue (Vaucluse), lieu de notre nouvel hébergement.

En chemin, notre ami Philippe nous a fait un exposé historique savant et détaillé sur les "zuguenots" appelés Vaudois dans cette région de Mérindol (La Genève Provençale) et originaires de la vallée de Vallonise dans le Briançonnais. Ceux-ci,furent pourchassés après l'arrêt de Merindol, sur ordre de François 1er et subirent pillages, massacres et destructions par le feu de nombreux villages du Luberon dont Merindol et Cabrières d'Avignon.

Nous avons bûté contre les grilles somptueuses du Domaine de Mousquety, magnifique parc de 22 hectares, "manucuré" du club Belambra, notre nouvel hébergement. Là, nous étions cette fois attendus et reçus par la directrice des lieux qui nous offrit, outre son discours de bienvenue, le pot de l'arrivée. Les bungalows étaient charmants, les locaux d'accueil royaux, les "petits déj buffet" gargantuesques mais les repas aussi médiocres que copieux... On ne peut pas tout avoir... quoique ! Nous avons profité des nourritures terrestres et des nourritures spirituelles : ces dernières s'imposèrent en effet le lendemain : partis du magnifique village de Gordes, perché sur son rocher avec ses hautes murailles fleuries de treilles et des rosiers, nous avons "plongé" sur l'abbaye cistercienne de Sénanque émouvante dans sa simplicité.

Nous y avons vécu au rythme des moines dans le silence et le recueillement rendu si vivant par le talent et le savoir de notre guide passionnée. Après les Vaudois protestants, nous avons cotoyé leurs tortionnaires catholiques, quelle histoire !... et quelle émotion !

Le retour vers Gordes par les chemins bordés de "bories" et illuminés de soleil fut un vrai cantique à la nature. Mais la journée n'était pas finie ! elle nous amena vers Goult, village plus petit mais non moins charmant où l'on a envie de musarder dans ses petites rues ombragées qui abritent de nombreux artistes (peintres, potiers). Nous y avons visité, pour les plus courageux, les cultures en terrasses qui, si elles sont esthétiques sont rendues obligatoires par le caractère escarpé du lieu.

Le soir nous avons participé (toujours pour les plus courageux) à un KARAOKE si cher aux Japonnais et découvert le talent de certain(e)s de nos membres. Quelle journée !

Le lendemain, jeudi 30 mai, le car était de repos (forcé par les règlements draconiens pondus sans doute par un Enarque matheux et tatillon en mal de Zèle). Mais non Claude ! c'est le chauffeur qui a droit au repos !

Nous sommes donc partis à pied de notre résidence vers Fontaine de Vaucluse, charmant petit village honoré par Pétrarque le poète raffiné du lyrisme amoureux. Nous y avons découvert la naissance bouillonnante et mystérieuse de La Sorgue de Vaucluse sortie des entrailles de la terre en une résurgence abyssale ! Nous sommes ensuite rentrés en passant par le village de Lagnes, plus modeste que ceux découverts la veille mais si joli, resté dans "son jus", émouvant d'authenticité et de poésie avec ses vieilles demeures naturellement décorées par une multitude de "lilas d'Espagne" multicolores.

Mais la beauté est partout en Luberon : le lendemain, vendredi 31 mai, nous avons gravi le Vallon de Combres, les cirques rocheux dans ce vallon sont d'une grandiose beauté rehaussée par la présence de cèdres de l'Atlas dont certains de taille exceptionnelle. Le sentier s'engouffre là dans un chaos rocheux à travers une végétation luxuriante et franchit un passage en corniche vertigineux. Il rejoint ensuite les crêtes ventées d'où l'on découvre la vallée du Calavon, le Mont Ventoux et... les Alpes enneigées : Splendide ! La descente caillouteuse et semée de pins d'Alep qui ne sont pas en reste ici nous ramena à Oppède-le-Vieux, notre point de départ. Pendant ce temps, l'autre groupe, sous la houlette de Léo, était parti de Robion pour une rando soit-disant plus "cool" ! A voir les photos, ce fut de l'escalade ! avec des échelles dans les Gorges de Badarel ! mais l'entraide des uns et des autres fit que tout se passa bien et le soir venu, chacun était fier des exploits accomplis. L'arrivée imminente du car transportant ce groupe nous obligea à "shunter" la visite de Notre Dame d'Alidon (XI-XII-XVIe), église qui a repris vie grâce à une association bienfaitrice présidée et "nourrie" par Michel Leeb ; tombé amoureux du village, il fit venir ses amis musiciens pour un festival devenu annuel. Parmi eux, Michel Petrucciani et Ivry Gitlis : la classe et l'écclectisme. Ces personnages ne sont pas seuls à avoir honoré le village : Consuelo de Gomez, peintre, sculpteur et écrivain l'habita. Amie de Verlaine et des peintres surréalistes, égérie du Montparnasse des années 1920, cette femme excentrique au tempérament de feu épousa Antoine de Saint-Exupéry en 1931 et lui inspira "Le Petit Prince". Pendant la seconde guerre mondiale, elle se réfugia à Oppède et y organisa un réseau de résistance.

Enfin, le samedi 1er juin, nous avons fait une incursion au Pays des Ocres, vers Rustrel et son Colorado qui inspira notre artiste peintre puis Roussillon et "son sentier des Ocres" qui, malheureusement mit fin à toute randonnée pour des mois pour notre pauvre Lydia dont les malléoles ne résistèrent pas à tant d'efforts accumulés.

Le groupe décida très élégamment de se priver des dernières balades au programme sur le retour, à Saint-Rémy et aux Baux de Provence. Qu'il en soit remercié (je parle du groupe et non du Saint !)

Ainsi s'achève le magnifique feuilleton filmé en "live" par le groupe chatoyant et généreux de Tonneins-Rando dirigé par la main rassurante et douce de sa présidente dont l'énorme travail de fourmi est sans doute sous-estimé par certains d'entre nous... qu'elle en soit remerciée.

A bientôt sur les chemins et... vivement l'année prochaine !

                                            Claude A.

PS : la présidente ne fait pas tout ! chacun à sa façon apporte sa contribution à l'organisation : intendance, conduite et encadrement  des randos, suivi des comptes au quotidien, commentaires journaliers des uns et des autres, reportage photos, auteur-compositeur, chanteurs, poète, articles écrits, docteur-rando, pompier et surtout, surtout... la bonne humeur de chacun ! alors merci à tous ! et tant mieux si vous en gardez de bons souvenirs !

Avis à la population ! il nous manque un mécano !!!!

 

 

 

 

                                              

Date de dernière mise à jour : 17/10/2015